Inspirer coûte. Expirer aussi.
Survivre, ici, c'est une ligne sur le relevé mensuel d'Omnis.
OMNIS CORP — RÉSEAU GLOBAL | POPULATION : 0 | SECTEURS : 7 | ATMOSPHÈRE EXT. : NON VIABLE
Recevoir le Chapitre 1 en avant-première →Un masque qui perd de la pression, ce sifflement aigu, métallique, qu'on apprend à reconnaître avant même de voir l'alerte HUD. Plus bas, les turbines, qu'on n'entend plus depuis longtemps mais qui sont toujours là. Le métal contre la nuque est froid.
La Ruche. Une mégalopole sous dôme, quelque part sur une Terre que l'atmosphère a cessé de protéger. À l'intérieur, près de trois millions d'habitants survivent sous perfusion d'oxygène synthétique produit, filtré et vendu par Omnis Corp, seule autorité qui compte encore. Chaque mètre cube d'air est comptabilisé, facturé, débité en temps réel depuis la puce implantée à la base de la nuque. Ici, la pauvreté ne se mesure pas en euros ni en privations alimentaires. Elle se mesure en litres d'oxygène par heure, ou en secondes de retard neurologique.
7 Secteurs étagés autour de la Tour Synthetix, cœur névralgique de la distribution d'air. Pas un anneau régulier : la numérotation suit le statut social, pas la géographie. Le S1 (Prioritaire) et le S5 (industriel) sont tous deux adossés à la Tour, sur des faces différentes. Au centre, l'air est filtré trois fois et la température tient autour de 20°C. La périphérie n'a rien de tout ça. Les masques y fuient, les filtres s'usent vite, et la marche elle-même devient un effort facturé.
À chaque citoyen, un statut. Les Prioritaires respirent librement au sommet des tours : air filtré trois fois, température contrôlée, aucun décalage dans leurs gestes. Les Non-Prioritaires du Secteur 7, en bas, portent des masques fissurés et subissent le Bio-DRM, un implant neurologique qui rallonge le temps de réaction proportionnellement à la dette. Plus on doit, plus le corps désobéit.
Et même à dette zéro, un V0 subit toujours 0,5 seconde de décalage. Le système punit le statut avant la dette, sans qu'aucune note officielle ne le justifie.
Chaque respiration est une transaction. La puce dans la nuque mesure le débit et le prélève en même temps. Le retrait de l'implant est possible, en théorie. L'intervention n'est couverte par aucun contrat d'assurance.
Latence neurale proportionnelle à la dette. Mais même à dette zéro, un V0 subit 0,5 seconde de décalage. Le système punit le statut avant la dette.
Au Secteur 7, l'air a une couleur. Ce que les tours filtrent et rejettent, les Non-Prioritaires l'inhalent. Les registres Omnis se vident, mais personne n'est parti.
Une fibrose pulmonaire chronique ronge les habitants des secteurs inférieurs. Elle a quatre noms officiels et trois argotiques, et le nom qu'on choisit dit à quel étage on dort.
Certains parlent de la Peste de la Ruche. Au Secteur 7, on dit simplement la Chantilly. Omnis, elle, a ses propres codes. Le vocabulaire officiel évolue plus vite que les protocoles, et personne dans les Secteurs ne s'y trompe vraiment.
Officiellement, Omnis soigne. Dans les Secteurs inférieurs, on s'interroge sur la destination des crédits prélevés pour le programme, et sur celle des patients qui n'en reviennent pas. Les unités classées "rendement négatif" font l'objet d'une recommandation de réallocation respiratoire.
Code d'Inertie est le récit principal : Thorne, sa dette, et sa tentative d'entrer dans la Tour. Partitions Fantômes, cycle d'épisodes, précède le roman de huit ans. Vu d'en bas. C'est le moment où le système s'installe, observé depuis les corps qui le subissent en premier.
Un technicien V0, une dette qui monte, une sœur de sept ans dont le module respiratoire consomme des crédits qu'il n'a plus. Pour la sauver, il devra pénétrer dans la Tour Synthetix, et découvrir ce qu'elle dissimule.
Entrer dans le roman →Huit ans plus tôt. Niveau 50. Un réparateur clandestin recoud les corps que La Ruche préfère rentabiliser. Épisodes disponibles en avant-première sur inscription.
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